Messe d’ouverture de l’Année Antoine Chevrier – Dimanche 04 Janvier 2026

Ce dimanche de l’Epiphanie, jour de clôture de l’Année Jubilaire de l’Espérance et d’ouverture de l’année du bicentenaire de la naissance du bienheureux Antoine Chevrier, la cathédrale Saint Jean Baptiste de Lyon était remplie de fidèles qui avaient bravé le froid hivernal cependant ensoleillé. Monseigneur Olivier de Germay, archevêque de Lyon, a présidé la célébration en compagnie de deux autres évêques et d’une douzaine de prêtres, dont les responsables internationaux et nationaux du Prado. Une célébration qui s’est étendue sur près de deux heures, mais qui a été vivifiante pour tous, en particulier grâce à la qualité de la chorale de la cathédrale. 

Dans son homélie, l’archevêque a largement développé ce que furent le ministère d’Antoine Chevrier à la Guillotière et l’originalité de sa spiritualité : la contemplation du Christ pauvre devant la crèche, le calvaire et le tabernacle, et le service des plus petits. Avec une conviction communicative, il a su dire à son auditoire combien la grâce du père Chevrier constitue un trésor spirituel pour l’Eglise de Lyon et pour l’Eglise universelle. 

À la fin de la célébration, le père Diego Martín Peñas, responsable général du Prado, et la sœur Nora Roco Quintero, responsable générale des sœurs, ont pu, à leur tour, exprimer les enjeux de cette « Année Antoine Chevrier« , et surtout souligner la volonté de la famille spirituelle du Prado de faire fructifier dans la fidélité la grâce reçue pas son fondateur. 

Pour les pradosiens et les pradosiennes qui étaient là, ce fut une grande joie d’entendre toute l’assemblée réciter la prière pour la canonisation d’Antoine Chevrier, et entonner le chant « Ô Verbe, ô Christ » dans la version de Michel Wackenheim.

Lyon, le 05/01/2025
Christian DELORME (Prêtre du Prado du Diocèse de Lyon). 

Quelques photos de la Messe d’ouverture de l’Année Antoine Chevrier du dimanche 4 janvier 2026 à 10h.

Extrait de l'homélie de Mgr de Germay

[…] Si nous revenons à l’Évangile, nous voyons que les mages ne sont pas pauvres. Ils possèdent des objets de grande valeur. Mais précisément, après avoir vu l’enfant, ils les offrent. Quand on a compris que Jésus est le seul véritable trésor, on peut se dépouiller de nos richesses.

Mais si les mages sont venus à Jésus c’est avant tout pour se prosterner devant lui. Et pour cela, ils ont quitté leur sécurité, ils se sont mis en route en se laissant guider par l’étoile, c’est-à-dire l’Esprit Saint, pour venir à Jésus, le roi des rois.

Frères et soeurs, en ce début d’année, la parole de Dieu nous invite à nous bouger, à nous mettre en route pour aller vers Jésus, à être des chercheurs de Dieu. Il s’agit avant tout bien sûr d’une démarche intérieure, mais comme nous sommes des esprits incarnés, cela passe aussi par des démarches extérieures.

En ayant en tête la dévotion du Bienheureux Antoine Chevrier pour la crèche, le calvaire et Le tabernacle, je vous en propose quelques-unes :

  1. La crèche : la première démarche serait de prendre le temps, en semaine, pendant ce temps de Noël, d’entrer dans une église, et de passer du temps devant la crèche pour y méditer le mystère de l’incarnation.
  2. Le calvaire, c’est-à-dire la Croix. Ce mystère de Jésus qui donne sa vie par amour pour nous est rendu présent à chaque eucharistie. Lorsque nous venons en procession pour communier, ou pour recevoir la bénédiction, nous nous approchons de Jésus. Parfois, malheureusement par routine ou en étant distrait. Peut-être pourrions-nous demander la grâce de toujours nous approcher du mystère de l’eucharistie avec foi, comme les mages, avec un immense respect, avec une immense gratitude, et en disant à Jésus dans le secret de notre cœur, même si cela
    nous fait peur : Seigneur, je t’offre ce que j’ai de plus précieux :
    ma volonté.
  3. Le tabernacle. Le Père Chevrier, lorsqu’il entrait dans une église, commençait par se demander : où est Le tabernacle ? Et il allait ensuite se prosterner devant son Dieu. Pourquoi ne pas prendre cette belle habitude, en entrant dans une église, d’aller visiter Jésus présent dans le tabernacle, et lui dire : Seigneur, je t’aime !
  4. Après la crèche, le calvaire et Le tabernacle, j’ajoute une quatrième proposition : nous approcher des pauvres. Jésus n’est pas seulement venu annoncer la bonne nouvelle aux pauvres, il s’identifie, et même se rend présent dans les plus pauvres : « j’avais froid et vous m’avez vêtu » ; «j’étais un étranger et vous m’avez accueilli ». Est-ce qu’il n’y a pas dans mon entourage des personnes dans le besoin dont je pourrais m’approcher ?


Et puis je termine par une proposition subsidiaire : au cours de cette année Antoine Chevrier, aller faire un pèlerinage à Saint-Fons pour méditer devant Le tableau de Saint-Fons !
Frères et soeurs, ne soyons pas comme Hérode qui a peur de perdre ses privilèges et qui cherche Dieu par procuration ; mettons-nous vraiment en route ; cherchons Jésus en esprit et en vérité.

Pour lire l’homélie complète, cliquez-ici.

Intervention du Père Diego Martín Peñas

Chères sœurs et chers frères,

Aujourd’hui, nous clôturons le Jubilé de l’espérance et, dans notre diocèse de Lyon, le Seigneur nous accorde d’ouvrir une nouvelle année jubilaire. Il s’agit du bicentenaire de la naissance du bienheureux Antoine Chevrier et du quarantième anniversaire de sa béatification. Il n’est pas un saint seulement pour le passé : aujourd’hui encore, il nous montre une manière très attrayante de vivre l’Évangile.

L’apôtre de la Guillotière est né le 16 avril 1826 à Lyon. Il a été formé au sacerdoce dans notre ville et n’a rien souhaité d’autre que d’être prêtre diocésain au service des pauvres dans ce diocèse béni. Souvenons-nous du moment central de sa vie et de son ministère, ainsi que des conséquences que cela a eues sur toute son existence.

Nous sommes à Noël 1856. Antoine Chevrier, prêtre simple et zélé, vicaire de la paroisse Saint-André de la Guillotière, inquiet face au décalage entre les besoins d’évangélisation et les circonstances pastorales de son époque, médite le mystère de Noël et reçoit une grâce mystique et apostolique. Son existence de pasteur prend alors une nouvelle direction : la contemplation du Verbe incarné dans la pauvreté par amour devient pour lui une grâce de la connaissance de Jésus-Christ en vue de la mission. La lumière rayonnante du mystère de l’Incarnation éclate, silencieuse et transformatrice, dans son cœur et illumine son intelligence apostolique. Le Verbe éternel vient dans la chair pour chercher ce qui était perdu.

Séduit par la beauté et la bonté du Fils qui vient à la rencontre des hommes, le père Chevrier décide de suivre de plus près notre Seigneur Jésus-Christ, afin d’être plus capable de travailler efficacement au salut des âmes.

Dès lors, Antoine Chevrier ne peut s’empêcher de reconnaître le Christ dans les visages des pauvres et des exclus de la ville et veut les conduire à la connaissance, c’est-à-dire à l’expérience vivante du Christ.

À la recherche de voies missionnaires dans son propre diocèse, il fonde une œuvre de catéchèse et d’humanisation pour les enfants et les jeunes que les paroisses ne prenaient pas en charge en raison de la pauvreté et de l’éloignement dans lesquels vivaient ces populations. Il trouve, au cœur même d’un quartier marginal, une ancienne salle de danse de mauvaise réputation appelée « Le Prado ». Le père Chevrier l’achète pour commencer ce qu’il appellera l’Œuvre de Dieu.

Il découvre en ce lieu un appel fort à évangéliser les pauvres et les éloignés de sa propre Église diocésaine. Au fond, l’appel le plus profond était celui de commencer la formation de catéchistes pauvres pour les paroisses, enracinés dans la connaissance de Jésus-Christ et attachés à Lui. Peu à peu, grâce à la fécondité de ce charisme, une famille spirituelle se forme – prêtres, religieuses, laïcs consacrés ou non, diacres – désireuse de vivre selon l’Évangile et d’être disciples et apôtres parmi les plus pauvres.

En ce jour où nous commençons à célébrer joyeusement le bicentenaire de sa naissance, nous demandons au Seigneur que cette année soit une année de grâce et de bénédiction, au cours de laquelle nous pourrons tous mieux connaître cet extraordinaire témoin de l’expérience de Jésus, nous laisser guider par lui vers l’Évangile et les pauvres, et le considérer comme notre intercesseur auprès de Dieu.

Antoine Chevrier, prie pour ton diocèse de Lyon, pour l’Église de Jésus-Christ et pour toute la famille du Prado. Continue d’être notre guide, conduis-nous vers l’Évangile.

Lyon, le 02/01/2026
Père Diego MARTÍN PEÑAS
Responsable général de l’Institut des prêtres et frères du Prado

Merci encore au Diocèse de Lyon pour son aide précieuse.